Vidéo: quand on traverse le deuil et les conseils pour avancer

Découvrez la vidéo
Vidéo
Deuil : 5 étapes essentielles et 3 conseils pour avancer

Quelle que soit la perte, nous avons tous besoin de respecter notre propre processus de deuil. Ce processus contient plusieurs étapes qu'il est important de respecter. Si je vous explique cela aujourd'hui, c'est parce que je pense qu'à certains moments de ma vie, j'aurais bien aimé qu'on me l'explique. J'aurais bien aimé le savoir, peut-être que cela aurait été un peu moins dur. Hazem a raison, c'est une rééducation, une réadaptation à la vie avec un grand "V". Ce n'est pas tourner la page ou passer à autre chose, c'est simplement continuer à vivre et se permettre de réécrire de nouveaux chapitres.

 

Le processus de deuil et ses étapes

Pour répondre de manière claire et pratique à la question de ce que l'on peut se poser sur l'ostéopathie, la kinésithérapie ou la santé en général, aujourd'hui je voudrais vous expliquer qu'on ne doit pas brûler les étapes, qu'on ne doit pas aller trop vite en besogne, sinon on va droit dans le mur. Quand il s'agit d'un processus de deuil, si je vous explique cela, c'est parce que j'avais fait une vidéo l'année dernière qui s'appelle "Est-ce que c'est grave, docteur ?" (je vous mets le lien juste ici) qui expliquait qu'il existe deux types de pathologies : les pathologies curables et les pathologies incurables. Les pathologies incurables nécessitent un processus de deuil.

Tous les jours, je vais au cabinet et je vois des gens qui sont amputés, des gens qui sont paralysés, des gens qui ont des cancers, etc. Tout cela relève des pathologies incurables. Naturellement, toutes ces personnes ont besoin de faire le deuil de leur vie passée. Il y a aussi le processus de deuil quand on perd quelqu'un de notre famille, quand on perd quelqu'un qu'on aimait, et donc d'essayer de continuer à vivre sans cette personne.

Selon les classifications et les ouvrages, on aura quatre ou cinq étapes. Pour moi, ce qui est important à comprendre, c'est la symbolique de chaque étape et comment elles fonctionnent les unes avec les autres.

Étape 1 : Le déni

La première étape, c'est le déni. Le déni, ça veut dire que l'on n'arrive pas à réaliser ce qui se passe. On a tendance à activer un système qui bloque les émotions et qui fait croire à la conscience que ce qui arrive est impossible. Par exemple, cette personne n'a pas pu mourir, ou je n'ai pas pu perdre ma jambe dans un accident. Ce processus s'appelle le déni, et souvent, il s'accompagne d'une forme d'isolement de la réalité. C'est un peu le même mécanisme que la perte de connaissance d'un point de vue physiologique : la douleur est trop forte, et le cerveau dit "non, je mets quelque chose par-dessus parce que la douleur est trop forte, le choc est trop puissant, ce n'est pas supportable". Quand on perd connaissance, le choc ou la douleur nous fait faire un black-out. Cela dépend du choc, de la personne, et de plein de facteurs. La plupart du temps, c'est pour bloquer la douleur. Dans le cas du deuil, c'est une douleur émotionnelle tellement intense qu'on ne peut pas la supporter. C'est impossible d'avoir tout de suite la pleine conscience de la perte et de dire "oui, cette personne est morte". L'esprit bloque la douleur, bloque les émotions pour empêcher de réaliser la réalité. Bref, c'est un mécanisme de défense parfaitement normal.

Étape 2 : La colère

La deuxième étape, c'est la colère. C'est une nouvelle émotion qui commence à émerger parce que le déni et l'isolement perdent un peu de leur force, et la réalité reprend un peu le dessus. Quand la réalité reprend le dessus, ce qui vient en premier lieu, c'est de la colère. Ce n'est pas encore de la tristesse, ce n'est plus du déni, c'est de la colère. À ce moment-là, la colère peut être dirigée vers différentes personnes ou différents symboles. Parfois, la colère va être dirigée contre la personne qu'on estime responsable de la perte, parfois contre la personne qu'on a perdue, parfois contre son conjoint. Dans tous les cas, chacun trouvera malgré tout à diriger sa colère contre quelqu'un ou quelque chose. Mais quelque chose ou quelqu'un qui symbolisera, malheureusement, la première ligne de la colère qui commence à ressurgir chez la personne en deuil.

Personnellement, au cabinet, j'ai très souvent des gens qui ne respectent pas ces étapes, non pas parce qu'ils ne veulent pas les respecter, mais parce qu'ils ne les connaissent pas ou qu'ils sont mal entourés. Malheureusement, quand une personne vient au cabinet, par exemple, quelqu'un qui vient d'avoir un accident vasculaire et qui a perdu la vue d'un côté, eh bien, parfois, c'est contre moi que la colère est dirigée. Ce qui est important, c'est la réaction de la personne qui reçoit cette colère. Si je ne laisse pas cette personne exprimer sa colère, c'est-à-dire si je bloque ses émotions, c'est très néfaste. Donc, si j'ai besoin d'être le réceptacle de sa colère, si j'ai besoin de prendre sa colère de plein fouet, eh bien, c'est mon rôle. Si ma femme, mon frère ou ma mère a besoin d'exprimer sa colère par rapport à un deuil qu'elle est en train de vivre, et que c'est contre moi que cela se dirige, eh bien, ce n'est pas à moi de prendre la mouche. Peut-être que ces personnes ont besoin d'exprimer leurs problèmes, leurs émotions. Au même titre que dans l'étape précédente, si ces personnes avaient besoin de me dire "mais non, je n'ai aucun problème, je vis très bien", et qu'elles sont dans la phase de déni avec une sorte d'isolement, ce n'est pas à moi de toquer à leur porte pour leur dire "mais tu réalises ?". Il faut respecter les étapes de chacun.

Étape 3 : La culpabilité et le marchandage

La troisième étape, c'est l'étape de culpabilité, qui est souvent associée à ce qu'on appelle le marchandage ou le "bargaining". C'est-à-dire qu'on est en train de négocier avec soi-même, et qu'on essaie de défaire les liens qui sont en train de se faire d'un point de vue émotionnel. Cette étape vient du fait que l'on sent une vulnérabilité qui commence à apparaître de manière un peu trop grande, et une impuissance absolue. On a l'impression que l'on peut négocier avec l'histoire : "si seulement j'avais fait ça, peut-être que ce ne serait pas arrivé", "est-ce que moi, j'ai fait quelque chose qui a pu entraîner cette perte ?", "est-ce que je ne suis pas responsable ?". Bref, il y a tout un processus narcissique qui se passe, avec de la culpabilité, de la douleur et de l'impuissance.

Étape 4 : La dépression

La quatrième étape, naturellement, c'est tout ce qui va toucher à la dépression. Je pense que je ferai une vidéo sur les différents types de dépression qui existent. En revanche, la dépression qui suit un deuil est, encore une fois, normale. Quand on ne peut pas accepter l'inacceptable, quand il y a tellement de choses qui sont remises en cause dans notre propre vie, c'est normal d'avoir besoin d'exprimer cela. Le fait d'être déprimé, d'avoir un épisode dépressif, c'est aussi une sorte d'expression de ses sentiments. Chacun, en fonction de sa sensibilité, de son histoire, de ses hormones, de son fonctionnement cérébral, de plein de facteurs, et de son environnement bio-psycho-social, va réagir différemment. Chacun va avoir un épisode dépressif plus ou moins grand, plus ou moins intense, plus ou moins long. En tout cas, chacun va vivre sa dépression, sa douleur, d'une manière différente.

Étape 5 : L'acceptation

La dernière étape, c'est ce qu'on appelle l'acceptation. On peut l'appeler comme on veut, selon les ouvrages, il y aurait peut-être une petite étape intermédiaire, mais peu importe. Ce qui est important à comprendre, c'est que malheureusement, cette étape n'est pas offerte à tous. Comme je disais dans l'introduction, si on ne respecte pas les étapes, si on ne respecte pas leur durée, leur particularité (parce que ce sera différent chez tout le monde), on peut ne jamais arriver à la phase d'acceptation. La phase d'acceptation correspond au moment où l'on commence à réécrire un nouveau chapitre, où les autres étapes prennent de moins en moins de place, et où l'on peut mettre de côté la plus grosse partie de la douleur. C'est la reconstruction, la réadaptation à la vie courante. Naturellement, cette vie courante est une nouvelle vie, une vie pendant laquelle on n'a plus soit les fonctions de son corps, soit la personne aimée. C'est une nouvelle vie, et parfois, cette phase d'acceptation est un peu mélangée avec la phase de dépression, dans le sens où c'est très difficile de dire "cette phase est finie, on passe à telle phase, cette phase-là ne reviendra plus". C'est pourquoi je dis que c'est très difficile, voire quasiment impossible. Parfois, on a encore quelques symptômes de difficultés, de manque d'énergie, de manque de goût à la vie pendant le début de la phase d'acceptation. Donc, c'est très difficile, quand on voit quelqu'un en deuil ou quand on est soi-même en deuil, de dire "ah, voilà, je suis à telle étape".

Conseils pour traverser le deuil

Pour conclure, voici trois petits conseils qui sont, à mes yeux, fondamentaux :

  1. Ne refoulez pas les étapes : Si c'est vous qui êtes en processus de deuil, n'essayez pas de refouler les étapes, n'essayez pas de refouler le processus entier. Vous ne pouvez pas, c'est impossible. Donc, il faut aussi ne pas en faire une identité, mais ne pas non plus les refouler, les mettre de côté complètement parce que la société vous demande d'être fort. À chaque processus émotionnel son étape. Vous avez des émotions, vous avez des sentiments, laissez-les sortir, et surtout, essayez de bien vous entourer.
  2. Respectez les émotions de l'autre : Si vous êtes face à quelqu'un qui est en processus de deuil, le niveau de votre engagement émotionnel, le niveau de votre relation, déterminera la façon dont vous allez vous comporter. Naturellement, si c'est votre voisin, vous n'aurez pas le même investissement que si c'est votre femme, votre mari, votre frère, votre sœur, votre père, votre mère ou votre enfant. Je pense qu'il est hyper important de connaître tous ces processus et de savoir qu'on doit respecter chaque émotion qui va venir de la personne en deuil. Je pense que c'est hyper important d'avoir cela en tête, parce que cela permet d'être disponible, d'être à l'écoute, de faire un câlin, d'essayer de changer les idées de temps en temps, de savoir où la personne en est dans son économie psychique, dans sa douleur.
  3. Ne résistez pas à vos émotions : Deuxième chose hyper importante à savoir aussi, c'est que malheureusement, ces cinq étapes peuvent interférer. Ce n'est pas un beau cercle, un beau cycle qui dure un mois chacun. Malheureusement, l'étape 1 peut arriver en étape 3, l'étape 3 peut arriver avant l'étape 2, et cela peut interférer. Ce qui est important, c'est de comprendre qu'il y a plusieurs étapes, que chaque étape peut prendre la place de l'autre, puis revenir, puis repartir, puis être refoulée. Ce n'est pas un beau chemin hyper facile avec les étapes 1, 2, 3, 4, 5, fin de l'histoire, on écrit un nouveau chapitre. J'essaie de le synthétiser le plus simplement possible, mais malheureusement, c'est un peu plus complexe que cela.

Conclusion

Si je vous dis cela, c'est aussi parce que quand on a face à nous quelqu'un qui est en deuil, quand on est soi-même en deuil, si on se base un peu trop sur ces principes-là en disant "mais ce n'est pas possible, j'avais fait les étapes", ou "mais il n'était pas déjà en train d'entrer dans l'acceptation, lui, et puis il est reparti à être en colère", il ne faut pas considérer que c'est anormal.

Troisième et dernier conseil : ce qui est très important, c'est de ne pas essayer de résister face à vos émotions. Vous ne pouvez pas essayer de lutter contre l'inacceptable, vous ne pouvez pas essayer de lutter contre votre émotion. Elle est là, elles sont là, et vous ne pouvez pas les refouler indéfiniment.

J'espère que cette vidéo pourra en aider certains et certaines, que ce soit pour leur propre deuil, que ce soit un deuil d'une personne ou le deuil de son propre passé. Je vous attends évidemment sur Facebook, Instagram et ici sur YouTube pour d'autres vidéos bientôt, et en attendant la prochaine vidéo, prenez soin de vous.

Francis lopez

Francis LOPEZ Funeraire de France.fr

Auteur rédacteur expert en funéraire
En savoir plus
Un soutien de confiance
Funéraire de France

Nous croyons que la mort ne devrait pas être un sujet tabou, mais un moment d’hommage et de sérénité. C’est pourquoi nous avons créé funerairedefrance.fr, une plateforme qui accompagne les familles avec transparence, bienveillance et expertise. Nous simplifions les démarches, offrons des outils clairs et modernisons les services funéraires pour les rendre accessibles à tous. En brisant les tabous et en ouvrant le dialogue, nous aidons chacun à traverser cette épreuve avec dignité. Parce qu’honorer nos défunts, c’est aussi célébrer la vie.